Vérités et légende

« Les ongles, les cheveux et la barbe continuent de pousser après le décès. »

Faux. Après la mort biologique, certaines activités métaboliques subsistent quelques instants, sans plus. La production de kératine dont sont constitués les ongles et poils ne se poursuit pas de façon significative après le décès.

« Lors d’un embaumement, les organes sont retirés. »

Faux. La loi interdit de retirer quelque organe que ce soit, à l’exception des phanères (ongles et poils) que l’on peut tailler et des liquides biologiques. Toutefois, avant l’embaumement, des organes auront pu être retirés lors d’une autopsie, d’un don d’organe ou d’une ablation chirurgicale.

« Comment se déroule un embaumement ? »

Une petite incision près de la clavicule est pratiquée, afin d’y prélever l’artère carotide et la veine jugulaire. Une solution préservatrice à base de formaldéhyde sera ensuite injectée par l’artère pour être distribuée dans tout le corps. Le sang, chassé par la solution, sera évacué par la veine. Les organes de l’abdomen et du thorax, toujours en place, seront traités localement à l’aide d’une solution plus concentrée. Évidemment, la dépouille est lavée, habillée, maquillée et placée en cercueil. Le traitement entier dure entre trois et cinq heures.

« Les yeux et la bouche sont cousus lors d’un embaumement. »

Faux. Afin de fixer la bouche et les paupières, un adhésif est appliqué localement. Dans certaines cultures anciennes, un tel usage avait cours pour, selon la croyance, empêcher l’âme de s’échapper du corps.

« Si la dépouille n’est pas embaumée, elle ne pourra pas être vue. »

Faux. Il n’est pas obligatoire d’embaumer une dépouille afin de la voir. Par contre, dans les cas qui permettent qu’elle soit exposée au public, la loi prévoit que les rituels ne doivent pas commencer plus tard que 18 heures après le décès. Également, la dépouille doit être inhumée ou incinérée au plus tard 24 heures après le décès. Dans certains cas, si les installations le permettent, il est possible d’identifier la dépouille qui aura été sommairement préparée, sans avoir été embaumée. Informez-vous auprès de votre directeur de funérailles.

« Plusieurs corps sont incinérés en même temps, dans la même unité de crémation. »

Faux. Il serait physiquement impossible d’insérer deux contenants de crémation dans la même unité de crémation. Les crémations sont effectuées une à la fois et les cendres sont entièrement recueillies avant de procéder à une autre crémation.

« Je suis obligé de placer les cendres dans un cimetière. »

Faux. Actuellement, aucune législation ne prescrit ou n’encadre la disposition des restes cinéraires. Les cendres peuvent donc être placées dans un columbarium, mises en terre dans un cimetière ou ailleurs, rapportées à la maison ou simplement dispersées.

« L’urne ne peut pas contenir la totalité des cendres. »

Faux. À la fin d’une crémation, les restes cinéraires sont essentiellement composés de la poussière des os incinérés. Les plus petites urnes commerciales ont une contenance d’environ 140 pouces cube (un dictionnaire), ce qui est suffisant pour accueillir la totalité des cendres.

« Un stimulateur cardiaque (pacemaker) peut exploser pendant la crémation. »

Vrai. La pile d’un stimulateur cardiaque est constituée d’éléments radioactifs qui, sous l’action d’une chaleur intense, peuvent exploser. Toutefois, des précautions sont prises afin que soit retiré tout pacemaker avant la crémation.

« Nous avons opté pour la crémation, nous ne pourrons plus revoir la dépouille. »

Faux. Rien n’empêche que le corps soit exposé avant la crémation. À ce moment-là, la dépouille sera incinérée dans son cercueil. Si le cas le permet, il peut être possible de simplement identifier la dépouille avant l’incinération.

« Le décès est survenu lors d’un accident, nous ne pourrons plus revoir la dépouille. »

Faux. Après constatation de l’état de la dépouille, si le cas le permet, le technicien en thanatologie pourra effectuer des traitements de restauration sur la dépouille afin de lui redonner une apparence familière. Dans ce contexte, le délai alloué à la restauration aura un impact significatif sur le résultat final de présentation.

« Je ne signerai pas de contrat préalable d'arrangement funéraire (préarrangement) car, de toutes façons, il faudra encore payer à mon décès. »

Faux. Un contrat préalable d'arrangement funéraire payé n’occasionnera pas de frais supplémentaires lors du décès, s’il est respecté intégralement.

« Est-ce que c’est possible de se faire inhumer ou incinérer vivant comme cela pouvait arriver à une autre époque? »

Non. Selon la loi, un décès doit être constaté par un médecin. De plus, un délai de 6 heures doit être observé avant de procéder à un embaumement. Ce délai passe à 12 heures avant de procéder à la crémation.

« Cela ne sert à rien d’exposer une dépouille. »

Faux. Des études sérieuses démontrent l’utilité de voir le défunt une dernière fois. L’exposition de la dépouille permet aux proches de progresser plus facilement et plus sainement dans leur deuil.

« Est-ce que c’est vrai de croire qu’au moment du décès la dépouille peut laisser échapper un dernier soupir. »

Vrai. Ce soupir est directement relié au relâchement des muscles intercostaux.

D’où proviennent les expressions croque-mort et pompes funèbres?

Selon les dictionnaires, le terme croque-mort viendrait de croquer au sens de « faire disparaître ». Il désigne la personne chargée de transporter les morts et d'assurer leur sépulture. Mais selon la légende, dans les temps anciens, pour s'assurer qu'une personne était bien décédée, on lui mordait violemment un des doigts de pied, en général le gros orteil… Si rien ne se passait, on pouvait inhumer le défunt.

Quant aux pompes funèbres, la définition est encore plus simple. La pompe, c'est le sérieux apporté à une cérémonie. On parle d'un mariage en grande pompe... Les pompes funèbres, ce sont les entreprises chargées du sérieux du service funèbre.